Collaborer d’un continent à l’autre

Comment trois héros têtus ont changé la vie des personnes handicapées

Si vous ne pensez pas que le monde connecté d’aujourd’hui est formidable et qu’il a le potentiel de l’être encore beaucoup plus, nous avons une histoire qui va vous faire changer d’avis.

Trois types têtus — qui ne se connaissaient pas du tout — se sont unis à travers les continents et les océans. Et grâce à ce que Richard Van As, Ivan Owen et Jon Schull ont réalisé, des parents du monde entier ont la joie de voir leurs enfants surmonter leur handicap.

C’est l’exemple parfait du pouvoir qu’ont les individus têtus et déterminés pour changer le monde et qui refusent qu’un “non” les décourage de réaliser leur vision. (Nous avons écrit un article à ce sujet intitulé “Here’s to the Stubborn” et il a inspiré cette série de profils).

Richard : un terrible accident

En 2011, le menuisier sud-africain Richard Van As était à son établi en train de travailler à son établi avec sa scie quand un court moment d’inattention inhabituel lui coûta cher. Il perdit deux doigts de sa main droite et blessa grièvement deux autres. “Dans la salle d’urgence, je décidai que j’allais me fabriquer des doigts,” déclare Van As. À ce stade, il ne perçut pas l’importance de sa décision.

“Ma première réaction fut de penser à moi et à mes besoins. Mais je me rendis compte petit à petit que mon projet pourrait aider beaucoup de gens.”

Au moyen des doigts qui lui restaient, Richard se mit au travail et étudia les prothèses disponibles en ligne. Trop coûteuses et décevantes,“ aucune de ces prothèses ne permettait à un artisan de reprendre ses fonctions.

Puis, il trouva sur YouTube une vidéo sur une grande main mécanique construite par un homme aux États-Unis. Cette main était d’une élégance curieuse et sinueuse et d’une simplicité mécanique magnifique. Van As envoya alors un email à son inventeur.

Ivan : répondre à l’appel

Basé dans l’État de Washington, Ivan Owen est un artiste qui travaille sur des effets spéciaux mécaniques “et fabrique des gadgets curieux et bizarres” comme la main que Van As avait vue. “Il se demandait si nous pouvions collaborer pour créer notre propre modèle de prothèse de doigts mécaniques,” se rappelle Owen. “La tâche était énorme pour deux types qui travaillaient dans leur garage à 10.000 miles l’un de l’autre. Mais nous avons tous les deux pensé que l’effort en valait la peine.”

Les deux hommes, qui au début travaillaient avec de l’aluminium, firent des progrès lents mais réguliers pendant une année. Puis Owen alla rejoindre Van As en Afrique du Sud pour l’aider à apporter les dernières touches à leur projet. Pendant qu’il était sur place, Van reçut un appel d’une mère sud-africaine qui avait entendu parler du projet.

Son fils de cinq ans, Liam, était né sans doigt à sa main droite. Il fallut aux deux hommes à peine quelques jours pour fabriquer une prothèse en aluminium brut que Liam pourrait actionner en pliant son poignet, ce qu’il fit dès son premier essai. “La main me copie !” dit l’enfant.

Robohand

Mais bientôt les deux hommes rencontrèrent le problème classique des prothèses pour enfants : Elles deviennent vite trop petites. Alors Owen s’intéressa à l’impression en 3D. “Ses implications étaient ahurissantes. Nous pouvions créer un modèle, puis simplement augmenter sa taille en fonction de la croissance de l’enfant — le but essentiel étant que l’appareil grandisse avec l’enfant.”

Les imprimantes en 3D ont aussi permis une collaboration plus rapide. “L’un d’entre nous apportait un changement et l’envoyait tout simplement par email à l’autre. Ce qui nous permettait de tenir en main le même modèle et de travailler ensemble malgré la distance.”

Ils livrèrent bientôt un nouveau dispositif prototype imprimé en 3D à Liam. Quelques instants plus tard, Liam ramassait des pièces sur la table à l’aide de sa prothèse. Ils l’appelèrent Robohand et postèrent les fichiers de conception sur une base de données en ligne où les autres pourraient les utiliser gratuitement.

La main Robohand ne prétend pas essayer de ressembler à une vraie main humaine, un avantage surprenant qui plait aux enfants d’aujourd’hui. À l’époque d’Ironman et de Transformers, les enfants préfèrent les appareils de couleurs vives qui ressemblent à des machines et qui sont vraiment cools.

Les autres enfants sont envieux.

Jon : la mettre sur la carte

Jon Schull, chercheur au Rochester Institute of Technology, avait été enthousiasmé par les possibilités des prothèses abordables imprimées en 3D un an avant d’avoir entendu parler de Van As et d’Owen. Schull avait essayé sans succès de créer un consortium d’universités, d’experts et de fabricants pour promouvoir la cause.

Quand il vit une vidéo YouTube sur la main Robohand, il fut ému & dash; pas seulement du contenu, mais aussi par les commentaires encourageants.

Schull créa alors un mashup avec Google Maps avec une instruction toute simple : Affichez votre emplacement ici si vous avez besoin d’une main, ou si vous êtes prêt à aider. Reliés par Schull, les propriétaires d’imprimantes en 3D commencèrent à fabriquer des mains Robohand personnalisées — et de nombreuses variantes — pour des bénéficiaires qu’ils n’avaient jamais rencontrés.

La communauté de Schull s’agrandit et devint e-NABLE. Il décrit cette communauté comme un “réseau mondial de technologie d’assistance bénévole établi sur une infrastructure de communications électroniques, d’impression en 3D et de bonne volonté.” Cette bonne volonté change la vie d’enfants comme Kieran, une main à la fois.

 

 

Aujourd’hui, plus de 5.000 membres à travers le monde ont livré des mains dans 37 pays. Grâce à une subvention de 600.000 $ de Google, e-NABLE prévoit d’offrir 6.000 prothèses dans les deux prochaines années, tout en réduisant le coût à 25 $.

Pour Xerox, si trois personnes, dans différentes zones géographiques et des horizons différents, peuvent trouver un moyen de résoudre un problème qui change le monde — alors pratiquement tout est possible avec la bonne dose de détermination et de dévouement.

Tandis que ces réalisations sont faciles à mesurer, il est impossible de d’estimer la portée de leurs effets positifs. D’ici peu de temps, il est possible que nous célébrions les accomplissements sur la scène mondiale d’un individu qui, enfant, avait une prothèse de main Ironman phosphorescente.